(Actualisé tout du long avec précisions)
par Steve Holland, Alexander Cornwell et Yomna Ehab
Les Etats-Unis mettront fin sous peu à leur guerre en Iran, a déclaré mercredi à Reuters le président américain Donald Trump, sans exclure d'effectuer à nouveau des frappes ciblées si cela venait à être nécessaire à l'avenir, alors qu'un flou entourait toujours les objectifs de l'intervention militaire américaine.
Donald Trump a fait ces commentaires à quelques heures d'une allocution à la nation en 'prime time' (jeudi 01h00 GMT) lors de laquelle, a-t-il indiqué à Reuters, il entend notamment exprimer son "dégoût" pour l'Otan et évoquer l'hypothèse de retirer les Etats-Unis de l'alliance - une menace déjà brandie par le passé.
Le chef de la Maison blanche a reproché récemment à des alliés des Etats-Unis de n'avoir pas répondu favorablement à ses demandes d'aide militaire pour débloquer le détroit d'Ormuz. Il s'en est pris à nouveau à la France, mardi, pour n'avoir pas autorisé Washington à survoler son espace aérien afin d'acheminer des armes destinées à la guerre en Iran.
"Je dirai mon dégoût de l'Otan", a déclaré Donald Trump à Reuters à propos de son discours. Prié de dire s'il envisageait un retrait américain, il a répondu : "Oh oui, absolument, sans la moindre hésitation. Vous ne feriez pas pareil à ma place ?".
S'agissant de l'Iran, le président américain a dit ne pas pouvoir indiquer précisément quand Washington considérera que la guerre est terminée. Mais, a-t-il ajouté, "nous partirons très bientôt".
L'intervention militaire américaine a permis de garantir que Téhéran ne se dotera pas de l'arme atomique, a-t-il souligné. Il avait déclaré en juin dernier que les bombardements effectués à l'époque par les Etats-Unis avaient permis d'"anéantir" le programme nucléaire iranien.
"Ils n'auront pas l'arme nucléaire car ils en sont désormais incapables. On va partir (...) et s'il le faut, on reviendra frapper" des cibles, a déclaré Donald Trump mercredi.
TÉHÉRAN NIE AVOIR DEMANDÉ À WASHINGTON UN CESSEZ-LE-FEU
Ces derniers jours, le président américain a revendiqué avoir obtenu de facto un changement de régime à Téhéran, nombre de hauts responsables iraniens ayant été assassinés dans les bombardements israélo-américains menés depuis le 28 février, dont Ali Khamenei, guide suprême de l'Iran, tué au premier jour de cette campagne militaire.
Des milliers de personnes ont été tuées en Iran et au Liban, qui est bombardé et envahi par Israël, ainsi qu'à travers la région, alors que Téhéran a riposté en menant des attaques contre Israël et des pays du Golfe, avec l'aide de milices.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré lundi à la chaîne de télévision américaine Newsmax qu'il avait atteint plus de la moitié de ses objectifs de guerre, sans donner davantage de précisions. Des représentants ont évoqué par le passé la volonté d'Israël de faire tomber le régime iranien et d'anéantir ses capacités nucléaires et balistiques.
Donald Trump a déclaré par ailleurs mercredi sur son réseau Truth Social que l'Iran avait demandé un cessez-le-feu, ajoutant qu'il étudierait cette requête uniquement quand le détroit d'Ormuz serait débloqué.
Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé des affirmations "fausses" et "sans fondement".
Selon deux sources sécuritaires pakistanaises, le Pakistan, qui veut jouer un rôle de médiation entre les Etats-Unis et l'Iran, a transmis une proposition de trêve aux deux camps, sans recevoir pour l'heure de réponse de l'un ou de l'autre.
J.D. Vance a communiqué mardi avec des intermédiaires d'Islamabad, a-t-on appris d'une personne informée de la question. A la demande de Donald Trump, le vice-président américain a signalé en privé que Washington était disposé à la conclusion d'un cessez-le-feu à condition que certaines demandes américaines soient acceptées, a ajouté la source.
REFLUX DES COURS DU PÉTROLE
Donald Trump a laissé entendre dans la nuit de mardi à mercredi que le conflit pourrait baisser en intensité d'ici quelques semaines, même sans accord, tout en accentuant ses pressions sur les pays européens pour que ceux-ci aident à empêcher l'Iran de bloquer le détroit d'Ormuz.
Les atermoiements de Washington pèsent sur les marchés de l'énergie qui scrutent avec attention la moindre des déclarations de la Maison blanche, alors que le blocage du détroit d'Ormuz continue d'entraver la circulation du brut.
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie a estimé que la principale conséquence, à ce stade, de la fermeture de facto par l'Iran de cette artère énergétique majeure résidait dans les pénuries de kérosène et de diesel.
"Nous observons cela en Asie, mais bientôt, je pense, en avril ou en mai, cela se fera sentir en Europe", a déclaré Fatih Birol dans un podcast avec Nicolai Tangen, le dirigeant du fonds souverain norvégien. La perte en pétrole en avril serait, selon lui, deux fois supérieure à celle constatée en mars.
Des entreprises à travers le monde subissent déjà les répercussions du conflit, les secteurs des cosmétiques et du thé figurant parmi les derniers à signaler des difficultés.
L'activité militaire qui continue de prévaloir au Moyen-Orient n'a toutefois pas totalement éclipsé les espoirs d'une atténuation du conflit, comme en témoigne le reflux des cours du brut.
A la clôture des Bourses européennes, le cours du pétrole Brent de la mer du Nord LCOc1 , référence pour les marchés mondiaux, a cédé 2,01 à 101,88 dollars le baril, après être tombé en séance sous la barre symbolique des 100 dollars, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI)
CLc1 abandonnait 1,64% à 99,73 dollars.
En Europe comme à Wall Street, l'hypothèse d'une désescalade au Moyen-Orient a porté les marchés.
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(Bureaux de Reuters; version française Nicolas Delame et Jean Terzian, édité par Benoit Van Overstraeten et Zhifan Liu)

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